Internet du futur
Fabrice Epelboin, 23 février 2010 | | 0 commentaires
La liste des experts du comité “Net Neutrality” réuni par NKM révélée
Mercredi prochain aura lieu la présentation du comité d’experts sur la Net Neutralité réunis par la secrétaire d’Etat à l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet. Ce comité d’experts n’aura qu’un avis consultatif mais n’en reste pas moins important, en voici la liste.
Yochai Benkler est professeur à faculté de droit de Harvard, il y enseigne l’entreprenariat. C’est l’auteur de “The wealth of Networks”.
Il a fait un passage par la cour suprème des Etats Unis entre 95 et 96 dans l’équipe de Stephen G. Breyer, puis a enseigné à Yale avant de rejoindre Harvard. Il est codirecteur de la Berkman Center for Internet & Society. dont nous rapportons régulièrement les travaux dans les colonnes de RWW.
C’est un spécialiste du travail collaboratif et de la création de valeur dans des environnement collaboratifs numériques, à ce titre, il a longuement étudié des phénomènes comme Wikipédia, l’open source ou la bloggosphère, dont il affirme qu’elle donne naissance à une culture plus critique et consciente d’elle même.
Son livre “La richesse des réseau” est principalement axé sur l’économie, Benkler y argumente qu’une culture où l’information est partagée librement pourrait être plus efficace d’une point de vue économique qu’une culture où l’innovation est engoncée par les brevets et le copyright.
Ses positions son proches de Lawrence Lessig, l’inventeur des Creative Commons, qui a un parcours professionnel très similaire (cour suprême, enseignement…).
Sa défense de la neutralité des réseau a toutes les chances de prendre l’axe libéral que je défends moi même habituellement dans diverses conférences et tables ronde, à savoir que celle-ci est un solide support, pour ne pas dire une condition nécessaire, à la création de richesse sur les réseaux.
Pour vous faire une idée du personnage, vous pouvez jeter un œil à sa dernière intervention à TED, dont des sous titre en Français sont disponible.
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Michel Cosnard est président directeur général de l’INRIA, il est un spécialiste mondialement reconnu de l’algorithmique, en particulier dans le domaine de la conception et l’analyse d’algorithmes parallèles et du calcul sur les grilles (le grid computing, à ne pas confondre avec le cloud computing).
C’est un chercheur extrêmement pointu en informatique qui se retrouve aujourd’hui dans une position plus politique (un classique dans l’évolution des scientifique de haut niveau), il milite pour une place accrue pour l’enseignement de l’informatique dans le secondaire ou la gouvernance ‘partagée’ de l’internet (entendez ‘sans la mainmise des américains’).
Il a également pris des positions tranchées sur l’ouverture de l’internet, sa dimension sociale voire universelle, s’interesse à l’internet des objets
L’INRIA est au cœur de l’innovation en France, elle collabore aussi bien avec des organismes similaires comme le CNRS qu’avec des entreprises privées. De nombreuses startups sont issues de l’INRIA.
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Tarik Krim est le fondateur de Netvibes et de JoliCloud, mais est-il encore utile de présenter Tarik Krim (full disclosure : c’est un ami). Le porte drapeau de l’entreprenariat à la Française aux Etats Unis, à l’origine avec Ouriel Ohayon et, entre autre, Pierre Kosciusko-Morizet, d’un fond d’investissement dédié à l’amorçage de startups, nous auront l’occasion de revenir en détail sur son rôle au sein de ce comité d’expert (parce qu’en plus d’être un ami, c’est un voisin, donc cela ne devrait pas être bien difficile d’obtenir des interviews.)
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Lynn Saint Amour est présidente de l’ISCO Monde, qu’elle a rejoint en 1998, et dont elle s’est occupé de l’expansion internationale. L’ISOC est une pièce centrale de la gouvernance de l’internet.
Ses prises de positions sur la net neutrality sont claires : “Le génie de l’internet repose sur le fait que ce sont les individus qui en font ce qu’il est, il y a plus d’un milliard d’utilisateurs, des centaines de milliers d’organisation et des dizaine de milliers d’entreprises qui prennent des décision chaque jour qui affectent la façon dont l’internet se developpe et ce qui s’y déploit, c’est le résultat des principes de bases qui sous tendent le développement d’internet, tel que le principe de “end to end” [ndt : crutial dans la neutralité des réseau est totalement en contradiction avec Loppsi] qui font que les utilisateurs [d’internet] sont libre d’innover, d’expérimenter, de créeer de la valeur, de profiter de leur connexion, l’information et les services que d’autres mettent en ligne. Plus que pour tout autre moyen de communication, ce sont les utilisateurs qui définissent ce qu’est internet et ce qu’il deviendra. Si nous travaillons tous ensemble, nous pouvons préserver l’ouverture de l’internet”, déclarait elle à l’OCDE lors de la conférence FuturInternet il y a deux ans.
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Dany Vandromme est un chercheur, professeur à l’université de Rouen, et président de Renater, l’internet de l’éducation et de la recherche.
Renater, pour ceux qui ne connaissent pas, est l’infrastructure internet des universités françaises et de la recherche Française, un peu comme un fournisseur d’accès mais avec une dimension innovation bien plus grande. Il est connu pour allier les qualités d’un scientifique de haut niveau et d’un manager qui a su faire évoluer le réseau Renater pour en faire ce qu’il est aujourd’hui, une pierre angulaire indispensable pour toute l’éducation et la recherche en France.
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Winston Maxwell est un avocat d’affaire, et intervient plus particulièrement dans le domaine des industries réglementées, des communications et des médias. Winston est intervenu dans de nombreuses opérations, litiges et affaires réglementaires pour des clients dans le secteur des communications, des médias et dans le monde du spectacle. Il a très activement participé au processus européen de libéralisation des télécommunications et il a récemment écrit un important ouvrage sur le droit des communications électroniques et de la protection des données en Europe.
Cette dernière phrase est issue de son portrait sur le site corporate de sa société, Hogan & Hartson Law, qui nous apprend par ailleurs qu’il a eu une part active dans des opération d’acquisition dans le secteur Télécom ou dans la défense d’ayant droits lors de conflits juridiques.
Dans les différents interview ou articles qu’il a rédigé, on retiendra, entre autre, sa présentation très bisounours du DPI qui selon lui permettent de fournir des service à valeur ajouté (comme le repérage d’opposants pour le gouvernement Iranien, facilitant grandement le travail des forces de polices locale, en effet, aucun doute ici sur la valeur ajoutée). On se souvient que NKM avait affirmé récemment que le filtrage était exclusivement réservé aux contenus pédophiles et que le DPI était un fantasme de bloggeurs. La première affirmation s’est révélée fausse au regard des différents amendements déposés par le parti dont elle est secrétaire générale, ce qui ne fait que renforcer les soupçons qui pèsent sur l’arrivée du DPI en France, et sur l’usage des 2,5 milliards d’euros que le secrétariat d’Etat à l’économie numérique a affirmé vouloir consacrer à l’ « infrastructure ».
C’est un adversaire déclaré de la net neutrality, qui plaide pour un réseau à plusieurs vitesse, ou des technologies d’espionnage et de filtrages telles que la DPI donneront la priorité à certaines informations sur d’autres.
Dans une tribune publiée dans le Journal Du Net, il déclarait “La DPI, combinée à un système de reconnaissance d’œuvres protégées, est l’une des approches technologiques utilisées pour limiter l’échange illicite de fichiers sur un réseau. En France, les FAIs objectent qu’un filtrage de ce type serait illégal, comparant ce processus à un postier qui lirait les lettres qu’il distribue. Ces objections juridiques disparaîtraient en grande partie avec le consentement de l’abonné. Le principe d’un filtrage pour bloquer l’échange illicite d’oeuvres n’est pas différent du principe d’un dispositif anti-spam ou de contrôle parental, mais il faudrait que l’abonné donne son accord, et y trouve un intérêt, l’accès privilégié à certains contenus par exemple.”
Pour ceux qui se posaient encore la question de savoir ce que voulait bien dire le dernier slogan d’Orange “Il y a Internet et Internet”, la réponse est on ne peu plus limpide.
Un article issu de : La liste des experts du comité “Net Neutrality” réuni par NKM révélée
À voir en ligne ici : http://fr.readwriteweb.com/2010/02/22/nouveautes/liste-des-experts-du-comite (...)







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